• Il n'y a plus d'argent dans les caisses mais il en reste pour l'armée (pour la guerre???)


     « Bientôt 3 000 français en Afghanistan ! » par Claude Angeli

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    Plusieurs médias français, et notamment l'AFP, ont soudain découvert, le 22 mars, dans le « Times » de Londres, une information que les lecteurs du « Canard » connaissaient depuis l'an dernier. A savoir que Sarkozy voulait depuisson entrée à l'Elysée, renforcer le corps expéditionnaire français en Afghanistan.
            
    Dès la fin juin 2007, Condi Rice, la patronne du Département d'Etat américain, avait en effet demandé au Président et à Kouchner de consentir un nouvel effort.
    A la mi-juillet, Sarkozy passait à l'acte, réunissait un conseil de défense et déclarait (textuel) : « La France a décidé » un engagement militaire supplémentaire dans cette guerre.
         
    Autant d'intentions et de propos belliqueux rapportés à l'époque par « Le Canard ». Le 5 septembre, par ex. : « En impliquant davantage de militaires en Afghanistan, il veut, selon un membre de l'état-major « démontrer que la France va bientôt reprendre sa place au sein de l'OTAN ». Ou encore, le 14 novembre : « Sarkozy a demandé au général Georgelin, patron des armées, de « tenir à la disposition de l'OTAN » un bataillon d'un millier d'hommes. »
    C'est ce bataillon qui ira au front fin avril ou début mai. Mille hommes « piochés » dans plusieurs dans plusieurs unités : 11e brigade de parachutiste, 27e brigade de montagne, et le régiment d'Olivet avec ses petits blindés. S'y ajouteront 200 à 250 membres des « forces spéciales ».Bientôt, donc si l'on compte les pilote de Rafale, de Mirage, d'hélicos, etc.. les techniciens et les soldats déjà présents sur place, Sarko, aura envoyé au combat 3 000 hommes. Preuve qu'il se toujours se montre toujours insensible aux analyses pessimistes des services français ou américain sur cette guerre que le secrétaire général de l'OTAN craint de devoir mener jusqu'en 2013 et au-delà...

    Les généraux Jean-Louis Georgelin et Bruno Cuche, patron de l'armée de terre, n'ont pas cependant pas dit amen à tout. Ils ont en effet obtenu que Sarkozy renonce à envoyer les chars Leclerc en Afghanistan, ces mastodontes de 55 tonnes que l'on voyait mal affronter une guérilla. En revanche, un autre fleuron de l'industrie française, le valeureux « Charles-De-Gaulle », retournera lui aussi faire la guerre aux Talibans.
    Mais seulement au début 2009, car sa mise en révision à l'arsenal de Toulon prend plus de temps que prévu. Avec ses 2 000 marins et pilotes de chasseurs-bombardiers Rafale et super-Etendard, le corps expéditionnaire français atteindra alors les 5 000 hommes.

    Voilà qui pourrait intéresser députés et sénateurs si était retenue la toute récente proposition de Jack Lang d'ouvrir -enfin !- un débat au Parlement sur la participation de la France à cette guerre. C'est un peu tard ou trop tard mais quelle surprise... »

    (Article du Canard Enchaîné - 26 mars 2008)
    http://www.lecanardenchaine.fr/

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    Liban, Tchad, Afghanistan... les surcoûts des opérations extérieures devraient représenter environ 850 millions d'euros cette année. Le budget 2008 n'en a provisionné que 460. Une grande partie de cette somme sera affectée au Tchad. Quant à l'Aghanistan, tout dépendra de l'arbitrage de l'Elysée.

    Liban, Côte d'Ivoire, Tchad, et renforcement de la présence en Afghanistan que Nicolas Sarkozy doit annoncer cette semaine lors du sommet de l'Otan de Bucarest : alors que le gouvernement fait face à une aggravation des déficits publics, les surcoûts liés aux opérations extérieures (Opex) des armées vont atteindre un niveau record cette année. « On va crever le plafond. A ce stade, les estimations atteignent 850 millions d'euros environ », affirme-t-on au sein du ministère de la Défense. Soit plus que les 640 millions dépensés l'année dernière. Et surtout, beaucoup plus que les 460 millions inscrits au budget 2008 !

    Le problème du sous-financement des opérations extérieures est récurrent, même si, ces dernières années, sous l'impulsion de Michèle Alliot-Marie, alors ministre de la Défense, un effort de transparence a été entrepris. Quand le budget 2005 prévoyait une provision de 100 millions d'euros, les Opex en ont englouti 532 cette année-là. L'écart s'est atténué depuis (voir graphique) mais on est encore loin du compte. Fin 2007, il a encore fallu combler un trou de 273 millions. Et contrairement à ce qu'Hervé Morin, le ministre de la Défense, a affirmé devant la commission de la Défense de l'Assemblée nationale, aucune rallonge n'est intervenue, Bercy ayant finalement mis son veto. Les 273 millions manquants ont donc été ponctionnés sur les crédits d'équipements. En toute discrétion...

    Pour 2008, ce sont près de 400 millions (850 moins 460) qu'il va falloir trouver quelque part. Une grande partie de cette somme sera affectée au Tchad. Quant à l'Afghanistan, tout dépendra des arbitrages de l'Elysée : nombre d'hommes, date de départ, localisation, équipements... Les surcoûts d'une Opex sont en effet de trois origines : les majorations de soldes (qui représentent en moyenne les deux tiers de la facture), les frais de fonctionnement (carburant, nourriture, munitions, réparations...), et les investissements (quand il faut construire une piste par exemple). 

    1.000 hommes supplémentaires

    Interrogé sur France Inter vendredi matin, Hervé Morin a chiffré entre 150 et 200 millions en année pleine les surcoûts liés aux 2.200 soldats déjà présents en Afghanistan, majoritairement dans les environs de Kaboul. Combien pour les 1.000 hommes supplémentaires qui se préparent à les rejoindre ? L'état-major a fait ses calculs, mais ne souhaite pas s'exprimer. « Tous les théâtres d'intervention n'ont pas le même prix. Le problème de l'Afghanistan, c'est que le ravitaillement se fait par avion. La logistique pour les pièces de rechange est complexe », explique un officier général. Le pays n'étant pas réputé pour la qualité de ses nationales, il est probable que les VAB, AMX 10RC et autres blindés que l'armée de terre va déployer vont s'user d'autant plus rapidement qu'ils ont un âge certain. Le poste entretien devrait être conséquent.

    (Extrait des Echos - 31 Mars 2008)


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