


« Après la révolte collective et l'incendie, le centre de rétention de Vincennes rouvre ses portes.
Le 21 juin 2008, un retenu tunisien mourrait dans des circonstances toujours pas éclaircies. Une révolte s'en est suivie, au cours de laquelle le centre de rétention de Vincennes a entièrement brûlé.
Au cours de l'audition du 29 octobre par l'assemblée nationale, B. Hortefeux déclare: " A Vincennes, nous reconstruisons trois centres de 80 places chacun - le premier devant ouvrir le 10 novembre." »
Au moins 300 personnes sont présentes, patientent avant de se rendre sur les lieux. Une demie heure après, nous partons. Nous surplombons l'autoroute A4. En vingt minutes, nous atteignons l'Hippodrome de Vincennes, situé en face du CRA. L'entrée est barricadée par un groupement de CRS et BAC. Pendant une bonne heure, nous attendons, nous scandons « De l'air, de l'air, ouvrez les frontières », « Hortefeux, assassin, t'as du sang sur les mains », « Murs par murs, pierre par pierre, détruisons les prisons - les centres de rétention »...
Caméras (France 5...), micros, appareils - photos se baladent dans la foule. Ensuite, un cortège se forme marchant vers le centre - ville, longeant le périphe. Lorsque nous arrivons à un carrefour, plusieurs fourgonnettes de flics sont à l'affût ! Deux routes sont barrées sauf celle qui mène à l'autoroute ! A ce moment là, nous nous rassemblons et poursuivons notre route. Là, plusieurs CRS réagissent, courent et prennent un autre passage, afin de nous bloquer ultérieurement.
Quelques minutes après, à 500 mètres de l'autoroute, les sirènes retentissent, deux camions de CRS foncent sur les manifestants. Pris de panique, le cortège se scinde en deux groupes : l'un court en direction de l'autoroute alors que l'autre retourne sur ses pas. Les CRS suréquipés (matraques, flashballs, bombes lacrymogènes) chargent et poursuivent les manifestants pacifistes. Nous sommes tous dispersés, sauf qu'un groupe courageux continue .
La « course - poursuite » a au moins duré une vingtaine de minutes. De retour, les flics en civile, filment et photographient. Gare Joinville Le Pont, 18h30, agents de la RATP et gendarmes surveillent, l'air empeste le gaz lacrymogène, les voitures sur l'autoroute sont arrêtées, les sirènes résonnent... 
Proche du CRA de Vincennes. L'accès est bloqué!
Rassemblement pendant une bonne heure.


Un cortège se forme en direction du centre ville. 
Arrivée au croisement : direction Vincennes ou le périph. ?? Barrage de la BAC + CRS.

Panique : les voitures des flics foncent dans le cortège! 
Le mouvement se disperse...

"Au cours des six mois qui ont précédé l'incendie du centre de rétention de Vincennes, le 22 juin 2008, les migrants « retenus » ont multiplié les actes de résistance, refusant de manger, d'être comptés, déchirant leurs cartes, brûlant leurs chambres, affrontant la police. Six mois de luttes collectives durant lesquels nous n'avons cessé de leur téléphoner et de recueillir le récit de leurs révoltes."
La suite Editions Libertalia : http://www.editionslibertalia.com/Feu-au-centre-de-retention.html