Le ministre du travail, Xavier Bertrand, devait présenter les grandes lignes de la réforme aux sénateurs, mardi 2 octobre, puis aux députés le lendemain. Il s'est engagé à retourner devant les parlementaires dans quelques semaines pour un ultime débat sans vote. Sur ce dossier délicat, qui a valu à Alain Juppé en 1995 un puissant mouvement social qui l'avait contraint à reculer, le ministre veut mettre les formes sans rien lâcher sur le fond. L'alignement, annoncé par le président de la République et garanti par son premier ministre, aura lieu.
A l'issue de dix jours de consultation durant lesquels M. Bertrand a rencontré les responsables syndicaux et les directions des entreprises concernées, le scénario est connu. Un document d'orientation, qui doit être prêt dans les prochains jours et soumis à nouveau aux syndicats, fixera les règles générales : 40 ans de cotisation, indexation des pensions sur les prix (et non sur les salaires). "Il sera mis fin aussi aux retraites-couperets", a annoncé le ministre, c'est-à-dire aux mises à la retraite d'office à partir d'un certain âge, comme les 50 ans pour les conducteurs à la SNCF. Le système complexe des décotes et des surcotes sera aussi revu, afin, assure M. Bertrand, que "l'allongement de la durée de cotisation ne se traduise pas par une baisse des pensions".....Il faut se mobiliser, il faut agir !
GREVE ET MANIFESTATION
Jeudi 18 octobre 2007
Les annonces du Président de la République et du gouvernement de ces dernières semaines sont sans ambiguïté. Il s'agit de faire passer « à marche forcée » la politique de réduction du coût du travail et des déficits publics exigée par l'Union européenne et de satisfaire les exigences du MEDEF.
Cette politique pénalise exclusivement ceux qui vivent de leur force de travail, qu'ils soient salariés du privé ou du public.
Les attaques contre les régimes spéciaux ont pour finalité de créer les conditions d'une offensive contre l'ensemble des régimes des retraites en 2008. elles ne régleront rien quant au financement et à la pérennisation des systèmes de retraite en France.
Il s'agit en s'attaquant d'abord aux régimes spéciaux de retraite, de monter les salariés les uns contre les autres, pour surtout préparer une dégradation généralisée des retraites. Il s'agit d'augmenter pour tous le nombre d'années de cotisations pour partir à la retraite (41 en 2012 conformément à la loi Fillon puis 42 et plus après).
Il s'agit aussi de refuser de prendre en compte la pénibilité croissante du travail pour de plus en plus de salariés du public comme du prive.
Il s'agit de mettre un terme au système de santé fondé sur la solidarité entre bien portants et malades et de mettre en place, en introduisant les franchises, un système fondé sur le principe de l'assurance individuelle et privée. Cette annonce de réforme en profondeur du système de santé est d'autant plus choquante qu'elle survient après l'annonce de la cour des comptes, d'un manque à gagner de 37 milliards d' pour le régime général de sécurité sociale en 2005, du fait des exonérations de cotisations sur certains revenus versés aux dirigeants d'entreprise. Pendant ce temps, ce sont tous les salariés, les retraités, les privés d'emploi qui payent la facture !
Il s'agit d'organiser la mobilité, la précarité et les licenciements en modifiant le contrat de travail à durée indéterminée et en permettant aux patrons de licencier sans motif. La fusion annoncée ANPE/UNEDIC a pour finalité de faciliter ces objectifs. Elle met en cause le service public de l'emploi (ANPE) et la gestion paritaire du régime d'Assurance Chômage.
Il s'agit de poursuivre la politique de privatisation. Nous ne pouvons accepter la fusion GDFSuez qui conduira à une augmentation du prix du gaz. De même que nous n'acceptons pas les privatisations rampantes à la SNCF et à la RATP, ni les licenciements et les fermetures d'entreprise.
Dans le même temps, les marges et bénéfices des grandes entreprises s'envolent : 100 milliards en 2006 par les 40 plus grandes entreprises françaises, redistribués entre des actionnaires et des grands dirigeants qui par ailleurs se rendent coupables comme à EADS de « délits d'initiés »
Ensemble, salariés du secteur privé, agents de la fonction publique et du secteur public... pour l'augmentation des salaires, la défense de l'emploi et des missions de service public, de la protection sociale et des retraites, il faut agir pour :