"Phaedra's Love" de Sarah Kane.
Mise en scène de Renaud Cojo
avec Claude Deglianme, Thierry Frémont...
Théâtre de la Bastille (2000)
Une mise en scène décapante
Une histoire bouleversante
Une pièce qui m'a affligée (la 1ere!!Mais c'est à voir)
Sarah Kane reprend l'histoire de Sénèque/Racine, pour la transformer en une pièce contemporaine où les es personnages classiques sont de vulgaires prête-noms : les adolescents travaillent devant la télé en bouffant des chips.
Phèdre, Hippolyte, Thésée, le triangle tragique, du moins les noms des trois personnages de la tragédie de Sénèque/Racine, sont bien présents mais dépouillés de toutes leurs caractéristiques.
L'histoire par Sénèque :
Phèdre est mariée à Thésée, qui a eu un fils, Hippolyte, de sa première femme Ariane. Phèdre tombe amoureuse d'Hippolyte, qui repousse ses avances. Se sentant délaissée, Phèdre se suicide, laissant une lettre qui accuse Hippolyte d'avoir cherché à la violer. Thésée croit son fils coupable et demande sa mort. Voilà pour l'histoire.
Aperçu de la mise en scène de Renaud Cojo :
La première scène débute par le prince Hippolyte scotché à l'écran, télécommande en main, cheveux hirsutes et barbe, se branle.
Pour signifier sa déchéance et lui donner un air de camé véritable, le personnage se goinfre de chips. Le monde contemporain, dans cet environnement tout de rouge clinquant est signifier par la présence d'une télé, qui sera tout le temps allumée...
Lorsque on sort de cet univers corrosif, on se dit que c'est la dernière fois que l'on y mettra les pieds.
Et bien, détrompez vous..
Des pièces décapantes comme celles-ci vous restent gravées!
Pourquoi rester toujours dans le classique, et jamais sortir des sentiers battus ?
Les premières fois, on se sent mal à l'aise surtout dès les premières minutes, on visionne Hippolyte en train de se masturber devant vous en direct, c'est plutôt trash !
Au fil des heures, le texte de Sénèque prend place, vit grâce aux remarquables comédiens dont C. Deglianme et T.Frémont que l'ont peut voir dans « Les Démons de Jésus ».
Des mises en scènes incisives, virulentes, parfois morbides (comme les mes de Rabeux) mais je pense qui valent la peine d'être vues et revues..
Si vous êtes plutôt public « coincé », abstenez vous !
Enfin, pourquoi pas ?
Le théâtre est un monde si riche qu'il ne faut pas rien esquiver :-))
Photo : Thierry Frémont en Hippolyte.